La greffe capillaire
Le cycle pilaire :
Le cheveu pousse à partir d’un follicule pileux, situé dans le derme. Le follicule est une usine minuscule mais puissante, qui ne s’arrête jamais de travailler tout au long de la vie.
Le cheveu est soumis à un cycle passant par trois phases :
- curagène : phase de croissance (1000 jours ou plus)
- catagène : phase de transition (- de 10 jours)
- télogene : phase de chute de cheveux (- de 100 jours)
Un cycle normal chez un humain dure en moyenne de 3 à 7 ans. Un être humain est programmé pour avoir durant sa vie environ 25 cycles. Ce qui en théorie lui permet d’avoir le crane couvert de cheveux en permanence.
Normalement, dans la vie quotidienne, rien ne peut empêcher l’activité du follicule pileux. Seules, des traumatismes graves (brulures, cicatrices), peuvent le perturbe. Certains médicaments également (anticancéreux), mais dans ce cas, c’est réversible, à l’arrêt de ceux-ci.
L’état de santé général, et les facteurs nutritionnels ont un rôle fondamental dans la croissance des cheveux. Certaines pathologies, ou carences retentissent lourdement sur la croissance des cheveux (régimes, anémie, alcoolisme, zinc, vitamines B). Enfin les hormones mâles (androgènes) et femelles (œstrogènes) présentent indifféremment chez l’homme et la femme, mais dans des proportions différentes interviennent dans la bonne santé du cheveu.
Comprendre la calvitie :
Naturellement, au terme d’un cycle, le cheveu tombe. Chaque individu perd quotidiennement 30 à 50 cheveux. Ils sont éliminés lors du « coiffage » et du shampoinage.
Cependant, cette chute de cheveux peut être plus importante et persistante, aboutissant à un éclaircissement du cuir chevelu, allant jusqu’à la perte totale, rendant totalement visible le crâne.
C’est ce que l’on appelle l’’alopecie. L’alopécie définit la chute partielle ou totale de cheveux. Elle peut être temporaire (maladie, carence, stress), ou définitive (alopécie androgénétique).
Nous éliminons les alopécies temporaires, qui relèvent du traitement médical, pour s’intéresser à l’alopécie androgénétique définitive, qui n’est pas une maladie.
L’alopécie androgénétique aboutit à la calvitie commune, qui touche l’homme, mais également la femme. Il y a dans cette définition, une origine hormonale (androgène) et génétique (hérédité). Les hormones mâles sont produites dès la puberté. Il y a chez ces patients prédisposés génétiquement, une sensibilité particulière des follicules pileux aux hormones mâles. Celles-ci vont avoir une « agressivité » pour les follicules pileux. La durée des cycles (3 à 7 ans) va se raccourcir progressivement, et épuiser le nombre total de cycles (25 à 0) en quelques années. Les cheveux vont tomber progressivement, jusqu’à la disparition totale aboutissant à des degrés divers de calvitie.
L’alopécie atteint plus particulièrement les hommes, mais les femmes sont concernées. Elle apparaît chez l’homme dès l’âge de dix huit ans, elle est localisée. Chez la femme, elle apparaît dix ans plus tard, mais surtout à la ménopause, lorsque les œstrogènes ne compensent plus les androgènes, elle est alors plus diffuse et concerne tout le cuir chevelu.
Chez l’homme tous les follicules ne sont pas sensibles aux androgènes, et sont programmés génétiquement pour ne pas tomber. Il en est ainsi des zones occipitales, lors de prélèvements des follicules pileux destinés à la transplantation.
Comment envisager une greffe de cheveux :
En premier lieu, la consultation est indispensable et obligatoire. Elle s’attachera à évaluer la demande du patient, et à évaluer les possibilités de greffe.
L’interrogatoire recherchera les habitudes hygiéno-diététiques (tabac, alcool), les antécédents médico-chirurgicaux, les prises de médicaments, les allergies.
Dans le cadre d’une alopécie temporaire, après d’éventuels examens complémentaires, un traitement médical adapté sera prescrit.
Dans le cas, d’une alopécie définitive, il faudra établir une adéquation entre la demande du patient et les possibilités thérapeutiques par greffe de cheveux. En effet, pour ne pas décevoir le patient candidat à une greffe capillaire, des points importants sont à connaitre. :
- Plusieurs séances sont à prévoir pour obtenir une densité de chevelure correcte, sans toutefois être équivalente à une chevelure normale, et tout cela malgré l’évolution des techniques de greffe.
- Une séance de greffe peut s’effectuer sur un sujet jeune, où tous les cheveux ne sont pas encore tombés. Il suffira d’effectuer d’autres séances pour compenser ces pertes de cheveux.
Seront abordés les points suivants :
- lieu d’intervention : clinique xxxxxxx
- type d’anesthésie : infiltration locale, aussi bien pour la zone donneuse, que pour la zone receveuse. Quelquefois à la demande du patient une neuroleptanalgésie (sédatifs) est souhaitée, dans ce cas une consultation avec un anesthésiste est à prévoir.
La technique opératoire :
- lieu de prélèvement, et séquelle cicatricielle,
- détermination des zones receveuses et évolution des greffons,
- temps d’intervention,
- prévoir un accompagnement pour la sortie de la clinique,
- prévoir un chapeau, bonnet ou casquette,
Les suites post opératoires immédiates (dans les jours qui suivent)
- ecchymoses,
- œdème,
- infections
- chute de cheveux,
Eviction sociale et professionnelle, pas d’activité sportive
Les conseils pré et post opératoires (arrêt de médicaments, shampoing, aseptie, etc…)
A l’issue de cette consultation :
Un certain nombre de documents seront remis au patient :
- prise de sang,
- devis détaillé,
- fiche information-consentement,
- fiche conseils pré et post opératoires.
Le devis est un impératif médico-légal. Un délai de 15 jours minimum est obligatoire entre la consultation et l’intervention.
Les techniques : deux sont possible :
1) Bandelette :
Suivant le nombre de greffons envisagé, une bandelette rectangulaire d’une dizaine de centimètres de long sur 1 ou 2 de large est prélevée au niveau de la région occipitale. Il est à noter que le nombre de greffons ne correspond pas au nombre de cheveux. En général, multiplier le nombre de greffons par 2 ou 3 pour obtenir le nombre de cheveux. Exemple : pour 500 greffons on implante 1000 à 1500 cheveux.
Une fois prélevée, la zone est suturée avec un fil résorbable ou pas, les cheveux environnant camoufleront la cicatrice résiduelle.
Si le fil n’est pas résorbable, il sera retiré au bout de 15 à 20 jours.
La bandelette sera confiée à une équipe d’assistants spécialisés qui la découpera en micro-greffons (1 à 2 cheveux) destinés aux zones antérieures receveuses ou en mini greffons (3 ou 4 cheveux) destinés aux zones cachées.
Les mini et micro greffons seront implantés apres préparation des sites receveurs, soit en pratiquant de petites incisions à l’aide d’aiguilles s spéciales, soit en réalisant de mini puits à l’aide d’un bistouri cylindrique. En utilisant cette technique la perte de greffons est minime.
2) Prélèvement d’unité folliculaire :
Dans ce cas, on utilise un bistouri cylindrique qui prélève des greffons contenant de 1 à 3 cheveux, au niveau de la zone donneuse (occipitale). Cette technique évite la cicatrice résiduelle de la zone donneuse, mais en contre partie, à nombre de greffons identiques, la surface de la zone de prélèvement est beaucoup plus importante (40 cm2 pour la bandelette, 30 cm2 pour cette technique).
Un risque plus important de greffons de mauvaise qualité, du fait que l’on peut léser plus facilement les follicules.
Un résultat moins performant qu’avec la bandelette.
En conclusion, la technique de la bandelette est préférable, pour la majorité des patients atteint de calvitie, et réserve le prélèvement d’unités folliculaire uniquement pour certains cas particuliers.
